La Maison Zola rouvrira en 2018
(restauration de la Maison Zola, aménagement d'un Musée Dreyfus)
   
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Elie Wiesel. Président d’honneur
du Comité de soutien.
 
 
LE COMBAT POUR L’HUMANITÉ SE RÉSUME TOUJOURS EN UN COMBAT POUR UN INDIVIDU
Alfred Dreyfus, marié et père de deux enfants, n’avait qu’un souci - le bonheur simple et quotidien - et qu’un but :
servir sa patrie. Se considérait-il Juif engagé, Juif militant ?
On n’en trouve aucune trace dans son comportement ni dans ses lettres.
Même durant son exil sur l’île du Diable, il ne lui vint jamais à l’idée que son tourment était lié à sa judéité.
Pour lui, il s’agissait d’une erreur judiciaire.
Pourtant, c’était cela.
Cent ans après avoir obtenu l’égalité des droits civiques - en 1791 - les cent mille juifs de France devaient
faire face à une violente recrudescence antisémite. On y trouvait toutes les aberrations que les ennemis
du peuple juif, depuis deux mille ans, répandent à travers le monde. A la fois riche et pauvre, croyant
et hérétique, paresseux et laborieux : le juif est une caricature d’homme.
Un parlementaire déposa en 1891 un projet de loi exigeant l’expulsion de tous les juifs, un abbé prêcha
la réouverture de ghettos ; d’autres demandaient leur extermination. “ Mort aux juifs ”, criait-on bien avant
le procès Dreyfus. Pourquoi, ne trouvant pas le coupable, désigna-t-on Dreyfus ? Parce qu’il était le seul
officier juif à l’état-major.

Le tournant vint avec Émile Zola et son appel historique. Cet écrivain couvert d’honneur n’hésita guère
à tout risquer - y compris sa liberté - parce qu’il ne pouvait tolérer l’idée qu’un innocent se trouvât en prison.
Le ministère de la Justice ouvrit une enquête contre lui. Et le procès eut lieu. Et il fut déclaré coupable.
Et, dans la rue, la foule hystérique hurlait : “ À bas Zola ! À bas les juifs ! ”

En 1906, après une nouvelle enquête, Dreyfus fut réhabilité.

L’Affaire Dreyfus restera comme un grand moment de l’histoire de France. Elle a galvanisé des hommes
et les a ouverts à la fraternité. Depuis l’Affaire, les “ intellectuels ” se considèrent engagés. Depuis l’Affaire,
on se rend compte que le combat pour l’humanité se résume toujours en un combat pour un individu.

Cent ans après, n’est-il pas temps de consacrer un musée à Alfred Dreyfus et à l’Affaire et n’est-ce pas
symbolique de le construire dans la maison d’Émile Zola ?
 
   
 
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